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Soins et Attentions apportés à notre Vignoble

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La chimie dans l’agriculture et l’œnologie ne date que d’une soixantaine d’années. Mon père, Joseph, a, comme tout jeune homme des années 50, accueilli avec joie le confort de la mécanisation. Mais il a vite compris que le productivisme n’apportait pas toujours la qualité. C’est ainsi que mon père n’a jamais arrêté de labourer ses vignes, toujours traité la vigne avec les produits aujourd’hui certifiés bios (bouillie bordelaise...), « fumé » ses vignes avec du fumier de vache des paysans locaux, bref, conservé un esprit paysan. Même si considéré comme marginal par ses contemporains, il n’a jamais voulu revendiquer cet esprit « bio avant l’heure », mais prôner une viticulture « normale », paysanne. domaineautomne.jpg

hintermuscat.jpg Aujourd’hui, notre vignoble historique bénéficie de ce formidable « capital santé », indispensable pour un plein épanouissement de nos vignes. Nos sols sont naturellement riches en matière organique, ont une structure, un moelleux, une odeur, ils demeurent vivants.

Cet esprit paysan l’a aussi préservé des choix mercantiles de planter des cépages « à la mode » mais inadaptés au terroir, sur des porte-greffes vigoureux, garants de gros rendements, mais souvent de dilution qualitative.


Ainsi, notre vignoble est en moyenne âgé d’une bonne trentaine d’années (l’âge adulte, mur et sage !), avec certaines parcelles de plus de 70 ans ! Les arrachages de vigne ne sont donc que très rares, limités à des cas exceptionnels, mais en aucun cas dans l’objectif de planter un « nouveau » cépage ou rendre la parcelle plus confortable à travailler... Nous travaillons au service de notre Terroir, pas le contraire. griess.jpg

taille.jpg Nos rendements s’en retrouvent bien entendu bien plus bas que ne l’autorise l’AOC Alsace (Le cahier des charges de l’Appellation autorise 80 hl/ha en moyenne, avec des pics de production - butoirs - pouvant aller à 100 hl/ha). Nos vignes historiques du Domaine oscillent en effet autour des 45 hl/ha, rendement agronomique normal, avec des variantes par millésimes (de 30 à 60 selon les difficultés climatiques ou la générosité de Dame Nature !).

Notre travail, lors de la reprise du Domaine familial, a simplement consisté à continuer dans cette philosophie, en peaufinant et évoluant pour sublimer ce travail.


Tout naturellement, la certification « bio » ne s’est pas imposée aux yeux de mon père. Nous l’avons fait à présent. Mais les principes de la biodynamie nous ont bien plus attirés. En effet, « lutter » contre des maladies avec des produits bios achetés en bidon ne nous convenait pas. Par contre, apporter un maximum de bien être à la plante et au sol, en respectant les cycles naturels de la vie (liée aux cycles naturels de la plante, de la lune, des planètes du zodiac, des saisons, de la journée...), apporter des soins par les plantes (phytothérapie), les huiles essentielles, des produits naturels tels le petit lait, le sel de mer, ne vont peut être pas permettre de « lutter » contre le méchant oïdium ou mildiou, mais d’éviter que la vigne n’en devienne sensible ! gewurtz.jpg

jeunepied.jpg Et la biodynamie ouvre une dimension sociale, paysanne et autonome bien plus passionnante et terriblement humaine. Ainsi,
-   partir à la cueillette des orties, de la prêle, pissenlit, camomille, tanaisie, valériane... pour l’élaboration de tisanes fortifiantes pour la vigne,
-   aller chercher du petit lait chez notre paysan (qui nous fournit en fumier pour le compost et en lait pour les pâtisseries),
-   pulvériser des préparas biodynamiques au petit matin avec sa pompe à dos (« médicament homéopathique fait maison » avec un dynamiseur, à base de silice de roche ou de bouse de vache composté destiné à structurer la plante et dynamiser la vie microbienne du sol),
-   déguster sa bouillie de traitement avant de l’appliquer à ses vignes,
-   rouler l’herbe au lieu de la tondre afin de préserver la biodiversité floristique et protéger les sols de la sécheresse
-   sarcler le sol sur des faibles profondeurs pour simplement déranger le tissu floral, sans le détruire, aérer le sol sans bouleverser les couches naturelles et la faune du sol
-   etc...

sont autant d’activités bien plus passionnantes que de suivre une recette de cuisine élaborée par un vendeur de produits phytosanitaires « bios ».


Bien sûr, parfois, Dame Nature ne nous fait pas de cadeau. Il faut aussi savoir agir, et vite. Car la viticulture bio ne nous laisse pas le temps de rentrer de vacances ou de week-end. La récolte peut être compromise si l’on n’agit pas au moment opportun. Car nous n’avons pas les armes curatives qu’apporte la chimie !

Vous l’avez compris, notre viticulture, c’est beaucoup d’Amour, du bon sens paysan, du Respect, de la Biodynamie adaptée à nos besoins, de la présence, du temps et de l’attention. Nos 40 parcelles ne sont autres qu’autant de membres d’une famille, sur lesquels nous devons veiller et les faire vivre en harmonie ensemble et en bonne santé !